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Gourral  གོ་བོ།

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15 février 2012

La coloration du Gypaète barbu

Bain de poussière chez le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus)

Stavros Xirouchakis, University of Crete, Grèce

Journal of raptor research. 32 (4): 322

L'origine de la coloration ocre du Gypaète barbu adulte a été sujet à de nombreuses discussions. Les variation de cette coloration a même été utilisée pour établir de nouvelles sous-espèces (Fatio 1899). Plusieurs études ont confirmé qu'en fait la coloration rousse des plumes chez le Gypaète adulte était du à des oxydes de fer provenant de l'érosion de calcaire.

En mars 1997, l'auteur observe un Gypaète barbu adulte sur les versant nord du massif du Dikti (Crête) prenant un bain de poussière.  Il l'observe se frottant la tête, le cou et le poitrail dans la poussière ocre de son reposoir. Ensuite, le rapace a picoré la roche, la mord et se frotte ensuite à nouveau la tête sur la poussière de roche. Ce comportement dure 8-10 minutes. Finallement, le Gypaète pose son ventre sur le rebord de son reposoir où il restera pour la nuit.

Il est possible que dans de telles régions arides où les courants sont rares et les endroits boueux absents, les Gypaètes n'aient ainsi pas accès à des sols humides. Ils ne peuvent ainsi acquérir leur coloration orangée qu'avec la poussière obtenue par l'abrasion pratiquée avec leur bec sur la roche.

Le fait que la coloration ocre varie d'une région à l'autre indique que la pigmentation des plumes est acquise de façon passive (Berthold 1967). En Crête, l'intensité de coloration du Gypaète va de l'orange foncé au blanc pur. Dans les régions où la roche est résistante à l'érosion ou à précipitations annuelles inférieures à 80 cm par an, la coloration blanc-sale ou blanc pur prédomine.

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6 février 2012

Assemblage osseux de l'abri protohistorique de la Baume du Houx

Découverte exceptionnelle d'un nid de Gypaète barbu (Gypaetus barbatus) en Provence: cas de l'abri protohistorique de la Baume du Houx (Plan d'Aups, Var, France)

Patricia Valensi, Evelyne Crégut-Bonnoure, Xavier Margarit, Alban Defleur

C.R.Palevol. 10 (2011) 49-59

Le site de la Baume du Houx se trouve à une altitude de 840 m. Il s'agit d'une grotte de 4 m de côté creusée dans une falaise de calcaire. Alban Defleur y a découvert en surface des tessons de poterie ainsi qu'une centaine d'ossement, principalement des phalanges et des dents. Les tessons de poteries datent approximativement d'une période s'étalant de 1500 à 500 avant J.-C (protohistoire).

Les déterminations anatomiques et taxinomiques ont été effectuées par Evelyne Crégut-Bonnoure. Pour déterminer l'auteur de cet assemblage, 4 catégories de preuve sont utilisées (Andrew 1990):

  • présence de pelotes ou de coprolithes
  • taille des proies
  • espèce
  • modifications osseuses 

Pour caractériser l'assemblage osseux, on utilise le nombre de reste (NR) et le nombre minimal d'individu (NMI). Ainsi, pour 3 scapula, on aura un NR = 3 et NMI = 2.

Résultats:

Composition taxinomique:

L'assemblage est composé de 125 restes osseux et dentaires, dont 117 appartenant à des mammifères, 8 à des oiseaux. Les caprinés sont les plus abondants, représentant 33% des restes déterminés; suivent le boeuf, avec 21% et l'âne avec 16%. Pour chaque taxon, les auteurs ont estimé le NMI. Certaines espèces peuvent être sur ou sous-représentées. Ainsi, pour un NR de 13 chez un cheval, un seul individu était nécessaire (NMI = 1). Pour une meilleure appréciation de l'assemblage, il faut à la fois tenir compte du NR et du NMI. La composition taxinomique ainsi obtenue par les auteurs est proche de celle décrite en Corse par Robert et Vigne (2002).

Représentation des parties squelettiques:

Le pourcentage de représentation (PR) est calculé de la manière suivante:

PR = (FO /(FT*NMI))*100

où FO = fréquence observée; FT = fréquence théorique; NMI = nombre minimal d'individu

Ce calcul permet l'établissement d'un graphique, représentant les abondances d'apparition des différentes parties anatomiques. Dans le cadre de la Baume du Houx, ce sont les phalanges, et plus particulièrement la 3ème, qui est sur-représentée. Cette caractérisation de l'assemblage permet de l'éloigner d'un assemblage de carnivore dans lequel les phallanges sont quasi inexistantes. L'assemblage correspond à ceux obtenus en Corse par Robert et Vigne.

Discussion:

L'assemblage trouvé à la Baume du Houx peut être caractérisé de la façon suivante:

  • Ongulés de taille moyenne à grande
  • Près de la moitié des os sont digérés
  • 3ème phalanges abondantes
  • Peu d'os long, aucun complet
  • Epiphyses digérées
  • Rares éclats d'os
  • Présence de 3ème phalanges digérées

Cet assemblage correspond à celui d'un Gypaète barbu.

Terrasse (2001) décrit 2 sites d'accumulation d'os chez le gypaète barbu:

  • le pierrier de cassage ("l'enclume") où les os sont lâchés par le gypaète afin de les casser. On y trouve les os longs des membres, abandonnés, et des fragments d'os
  • l'air du gypaète, dans laquelle on trouve des phalanges, principalement la troisième, ainsi que des fragment de scapula et de sésamoïdes. On trouve également de nombreuses esquilles portant des marques de digestion.

Conclusion:

Le nid de Gypaète barbu à la Baume du Houx est intéressant pour deux raisons. Tout d'abord la rareté de ce type de gisements, et la situation géographique de ce dernier. Il est difficile de situer ce nid dans le temps, mais compte tenu de la présence d'animaux domestiques dans les os, on peut le situer au moins au Néolithique.

 

15 05 10_7857

Gypaète barbu immature lâchant un objet sur son enclume

5 février 2012

Avant propos

La passion pour le Gypaète barbu conduit à parcourir des sentiers caillouteux, à faire des rencontres inattendues, à découvrir et redécouvrir des panoramas merveilleux. L'envie de comprendre, d'en apprendre un peu plus sur ce magnifique oiseau conduit également à déambuler dans la littérature scientifique.  

Si de prime abord une telle démarche peut sembler rébarbative, c'est sans compter sur le plaisir qu'offre la compréhension de phénomènes qui, brique après brique, offre une image toujours un peu plus complète de la biologie de l'animal.

Quelques règles:

  • Le lecteur trouvera dans ce blog des articles principalement scientifiques.
  • Généralement en anglais, les articles ont été traduit par mes soins en français.
  • Les articles sont résumés, simplifiés,  afin d'en faire ressortir ce qui, à mon appréciation, est intéressant. Ainsi, le chapitre "méthode" que comporte toutes études scientifiques est en général volontairement omis, tout du moins réduit. 
  • Concernant la présentation, le titre souligné est le titre de la publication scientifique. Suivent ensuite le(s) nom(s) de(s) auteur(s). Viennent finallement la référence qui permettra au lecteur de retrouver l'article dans sa totalité.
  • Enfin, les figures, graphiques ou tout autre représentations de l'article original sont volontairement omis.
  • Les éventuelles photos ou illustrations sont de mon fait et n'engagent que moi.
  • Enfin, les tags ne correspondent pas nécessairement aux mots clés choisis par les auteurs.

Ce blog n'a d'autre prétention que de partager le plaisir qu'offre le Gypaète barbu, par l'entremise de celles et ceux qui l'étudient sur le terrain.

Bonne lecture,

Bonne ballade...

Salanfe gypaète aigle_29 04 10_7408

 

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